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Reclus de Montflanquin. Comment la famille de Védrines s’en est sortie

Il aura fallu près de dix ans pour qu’onze membres de la famille de Védrines ne soit plus soumis à l’emprise de Thierry Tilly, longtemps considéré comme un gourou.

Durant des années, ils ont vécu reclus dans le château de Martel, à Montflanquin (Lot-et-Garonne), puis dans une autre propriété familiale et enfin à Oxford, en Angleterre. Thierry Tilly, 48 ans, est accusé de les avoir manipulés et dépouillés d’au moins cinq millions d’euros (vente de propriétés immobilières, de placements financiers…).

Ce dernier vient de comparaître devant le tribunal de Bordeaux pour escroquerie, séquestration et abus de faiblesse de personnes en état de sujétion. Le procureur a requis dix ans de prison et quatre ans ferme à l’encontre de Jacques Gonzales, son complice. Jugement le 13 novembre.

Comment s’en sont-ils sortis ?

Le 23 octobre 2009, lorsque Thierry Tilly est interpellé en Suisse, neuf membres de la famille de Védrines se trouvent toujours à Oxford. Et n’en partent pas. « Ils sont dans une prison mentale. A ce moment-là, leur personnalité est encore anesthésiée », explique Me Daniel Picotin, l’avocat d’une partie de cette famille. Deux personnes ont réussi à s’en extraire : Philippe de Védrines, puis en mars 2009, sa belle-sœur, Christine de Védrines, 62 ans, documentaliste de formation.

« A cette époque, Thierry Tilly me faisait travailler dans une entreprise de sécurité alimentaire. Je lui reversais 90% de mon salaire. Avec l’aide du dirigeant, je suis parvenue à appeler ma sœur et ma meilleure amie qui sont venus me chercher en Angleterre », relate-t-elle. Christine de Védrines quitte Oxford en catimini. Arrivée en France, elle porte aussitôt plainte. Son mari et ses trois enfants, eux, sont toujours à Oxford, « sous l’emprise de Thierry Tilly ».

Qu’est-ce que la sortie d’emprise mentale ?

Pour parvenir à faire revenir le reste de la famille en France, Me Daniel Picotin va organiser deux opérations en Angleterre, en novembre et décembre 2009. Il pratique l’exit counseling ou la sortie d’emprise mentale. Cette technique est développée aux Etats-Unis par Steven Hassan, ancien membre de la secte Moon. L’objectif consiste à créer un déclic psychologique chez la personne vivant sous l’emprise d’un gourou ou d’une secte. « On appelle ça le décillement », précise Me Picotin qui s’est entouré d’un psychanalyste, d’un psychothérapeute et d’un éducateur spécialisé.

Mais avant de se rendre sur place et de rencontrer la personne sous emprise, un travail préparatoire a eu lieu avec Christine de Védrines. L’objectif est de recueillir « des informations très détaillées sur les victimes, les moments clés de leur vie », indique Steven Hassan qui aurait ainsi exfiltré, « de manière douce », plusieurs centaines de personnes aux Etats-Unis et ailleurs.

Concernant la famille de Védrines, avant les deux rencontres à Oxford , Christine a adressé plusieurs lettres à ses enfants et à son mari, entre avril et novembre 2009. « Elles ont permis de créer des encoches psychologiques, des sortes de points d’appui pour la suite », précise Me Picotin.

Lors du premier voyage en Angleterre, du 10 au 14 novembre 2009, seul Guillaume, 34 ans, pourra être approché. « Un des spécialistes est entré dans la maison et a réussi à lui parler », relate, encore émue, Christine de Védrines. Le déclic se produit. Pour son mari et ses deux autres enfants, il faudra attendre un second voyage, un mois plus tard.

Que prévoit la loi contre les victimes de sectes ou de gourous ?

Actuellement, le code pénal punit de trois ans d’emprisonnement et de 375000€ d’amende quelqu’un qui abuse frauduleusement de l’état d’ignorance ou de la situation de faiblesse d’un mineur, d’une personne particulièrement vulnérable (en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience psychique…) ou qui abuse « d’une personne en état de sujétion psychologique ou physique, résultant de l’exercice de pressions graves ou de techniques propres à altérer son jugement ».

Si cette infraction est commise par celui qui est à la tête d’une secte, la peine encourue est alors de cinq ans d’emprisonnement et de 750000€ d’amende. Il s’agit de la loi About-Picard de 2001.

Mais pour Me Picotin, également ancien député, la législation actuelle est insuffisante. « La jurisprudence estime que la plainte n’est recevable que par l’adepte ou la victime elle-même (…) Or, pour cela, encore faut-il qu’elle soit sortie de l’emprise mentale. » L’avocat formule donc une proposition de loi : faire de la « manipulation mentale préjudiciable » un délit à part entière. Objectif : faire en sorte que les familles des victimes puissent saisir les parquets de manière efficace.

Pierrick BAUDAIS.

 

Fonte: http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Reclus-de-Montflanquin.-Comment-la-famille-de-Vedrines-s-en-est-sortie_39382-2130678_actu.Htm

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Un gourou condamné à 17 ans de prison pour le viol d’une mineure

Publié le 09/11/2012 | 22:14 , mis à jour le 09/11/2012 | 22:14
La cour d'assises des Vosges, à Epinal, a condamné Hervé Granier à 17 ans de prison pour avoir violé une adolescente qui était l'une des adhérentes de sa secte.

La cour d’assises des Vosges, à Epinal, a condamné Hervé Granier à 17 ans de prison pour avoir violé une adolescente qui était l’une des adhérentes de sa secte.

(GOOGLE MAPS / FRANCETV INFO)

JUSTICE – Il l’avait choisie comme « épouse divine ». Hervé Granier, 54 ans, a été condamné, vendredi 9 novembre, pour avoir violé une fille de 17 ans qui était l’une des adhérentes de la secte qu’il dirigeait. Ce verdict de la cour d’assises des Vosges, à Epinal, est plus sévère que les 15 ans requis par l’avocat général, Yann Daniel.

Pendant les années 2000, Hervé Granier s’était fait passer pour le messie au sein d’un mouvement sectaire qu’il avait créé dans le village vosgien de La Bresse. Il avait pris sous sa coupe une dizaine de personnes.« Cet homme a toujours été dans l’imposture », avait fustigé le représentant du parquet, évoquant « une transgression particulièrement forte ». Le condamné va « probablement » faire appel, selon son avocate, Liliane Glock.

Violée dès ses 14 ans ?

En 2004, le « gourou » avait dit à l’une de ses adeptes qu’il souhaitait prendre sa fille, alors âgée de 14 ans, ce qu’elle avait accepté. Selon l’accusation, Hervé Granier a violé l’adolescente dès ses 14 ans.

« Les faits ont commencé bien avant que la victime ait 15 ans. Les éléments sont suffisamment nombreux; les faits, répétitifs, se recoupent », a soutenu l’avocat général.

La mère de la jeune fille, initialement poursuivie pour complicité de viol, avait bénéficié d’un non-lieu pendant l’instruction pour abolition du discernement.

Il aurait perçu 300 000 euros

Hervé Granier était également poursuivi pour abus de faiblesse au sein d’un groupement sectaire. Il réclamait tous les mois plusieurs centaines d’euros aux personnes qu’il avait entourloupé. « Les adeptes ont versé des sommes considérables: la victime a 40 000 euros de dette, sa mère, le double », a encore rapporté l’accusation, qui évalue à 300 000 euros les sommes totales perçues par le « gourou ».

« C’était son intérêt d’avoir autour de lui un petit groupe pour constituer une cagnotte, grâce à des ‘dons’ pas si spontanés que ça », a insisté l’avocat général.

Francetv info avec AFP

Source : http://www.francetvinfo.fr/un-gourou-condamne-a-17-ans-de-prison-pour-le-viol-d-une-mineure_167667.html